La vie n’a pas de sens, telle est la principale conviction de ceux qui éprouvent le sentiment déchirant du vide existentiel, combiné au poids de l’injustice et à une sorte de déconnexion de ce qui les entoure. Ce sont généralement des personnes réfléchies, qui enquêtent sur des questions pertinentes, telles que la mort ou le manque de liberté, et qui sont incapables de se séparer du profond vide existentiel qui les aspire de plus en plus. Un vide auquel la société contribue par ses messages marqués par les valeurs de l’individualité et de la satisfaction immédiate. Il y a aussi des gens qui naviguent dans les plaisirs dans le seul but d’anesthésier la souffrance. Mais même cela ne suffit pas à combler le vide. Pour l’un ou l’autre, il n’y a pas de raison de vivre. Rien ne les comble, rien ne les satisfait et ils finissent par se retrouver piégés dans un état psychologique de souffrance. Dans la plupart des cas, cette situation conduit à une profonde dépression ou à un comportement autodestructeur.

Le vide existentiel : le sentiment que la vie n’a pas de sens

Le vide existentiel est une spirale sans fin. Reconnaissez-vous comme quelqu’un qui voit le monde sous un angle différent en raison de constantes incohérences ou parce que vous vous êtes laissé emporter dans la recherche du plaisir pour éviter la souffrance. Un phénomène très répandu à l’heure actuelle.

La profondeur de l’abîme

Le développement de la recherche d’un sens à la vie peut être frustré par l’absence d’objectifs. Lorsque le choc entre les attentes et la réalité est si fort qu’il ne reste que la déception ou lorsque des situations de crise menacent le sentiment de sécurité et de certitude, sans même posséder les outils appropriés pour y faire face. Tout cela conduit à un état profond de frustration existentielle qui vide la personne et peut la conduire dans un abîme de douleur. Comme si c’était un désert, où le déraisonnable domine l’existence et où l’on perd la capacité de se mettre en rapport avec les autres et de les ressentir. Le psychologue a appelé cet état par le nom de névrose existentielle et l’a défini comme l’incapacité de trouver un sens à la vie ; le sentiment de ne pas avoir de raison de vivre, de se battre, d’avoir de l’espoir d’être incapable de trouver un but ou une direction dans la vie, le sentiment que même si les gens sont profondément engagés dans leur travail, ils n’ont pas vraiment d’aspiration. Certains auteurs, désignent la recherche constante de la satisfaction de l’ego comme la cause de la perte de sens, car il s’agit d’actions égoïstes qui empêchent la capacité de transcendance personnelle.

Le vide existentiel et la perte de sens

En relation avec ce qui précède, d’autres auteurs affirment que la perte de sens est associée à la disparition de l’autre, à la suprématie des valeurs individualistes et à l’obtention du plaisir comme mécanisme erroné pour être heureux. De cette façon, la personne s’accroche à ses désirs individuels, affaiblissant le sens des références sociales, telles que la coexistence, la solidarité ou le respect mutuel. Lorsque la réalité devient confuse et que les moyens d’atteindre le bonheur deviennent des fins en soi, on risque de tomber dans le vide. Les émotions de plaisir à court terme, telles que le plaisir ou la joie, apportent du plaisir, mais pas la réalisation de soi, et comme tout plaisir, elles entraînent le danger de créer de l’esclavage ou de la dépendance. Dans un certain sens, l’homme a besoin de faire quelque chose de sa vie, qui n’est pas seulement quelque chose de bon, mais aussi quelque chose qu’il a créé. Le sens de la vie est donc lié au destin que l’homme désire et dont il a besoin ; car à travers ce désir, il cherche à apporter la liberté à son évolution, car lorsqu’il vit pleinement, lorsque la liberté dépasse les limites de l’immanence, il comprend que le sens de sa vie ne se réduit pas seulement à quelque chose de matériel et de fini, mais va au-delà. Le problème se pose lorsque cela ne se passe pas comme prévu, lorsque les circonstances ne répondent pas aux attentes de son projet de vie et que l’absurdité conduit à l’abîme du vide existentiel.

La dimension noétique de l’homme

Selon le psychiatre suisse, l’homme est caractérisé par trois dimensions principales. Lorsque la personne connaît un état profond d’ennui, d’aversion et se perd dans le labyrinthe de son existence, des conflits surgissent dans sa dimension spirituelle. Il est incapable d’intégrer ses blessures et peut même ne pas être capable de les identifier. Il n’est pas non plus capable de trouver une raison à son existence, de sorte qu’il se noie dans la souffrance, en éprouvant un manque de sens, de cohérence et de finalité, c’est-à-dire le vide existentiel. Ce vide est à l’origine de nombreux troubles psychiques. C’est-à-dire la rupture de la dimension noétique ou spirituelle, ce sentiment pour lequel l’existence n’a pas de sens, et qui s’exprime dans la dimension psychologique à travers trois grands groupes de symptômes. C’est comme si les personnes piégées dans le vide existentiel couvraient leurs yeux et leurs sentiments d’un voile inconscient, qui les empêche de trouver le sens de la vie et les conduit à l’insatisfaction et au désespoir chronique. Que faut-il faire pour retrouver ce sens ?

La recherche du sens

Selon le psychologue suisse, l’homme doit trouver un sens pour continuer à faire son chemin dans le monde. Sans ce sens, il est perdu dans le néant, dans le no man’s land, errant dans le labyrinthe de l’existence. Il souligne que le chemin du sens est médiatisé par les valeurs et que la conscience sociale est l’instrument qui le révèle. Eh bien, même si les valeurs naissent dans l’intimité personnelle, elles finissent par culminer en valeurs universelles, qui coïncident avec les systèmes culturels, religieux ou philosophiques. La relation avec l’autre est importante pour ne pas perdre le sens de la vie. Il en va de même pour le maintien des liens affectifs, tant que l’on n’y place pas la responsabilité d’être heureux. Dans un certain sens, une vie qui a un sens est une vie enracinée dans la société. Le sociologue et philosophe français réfléchit très bien au problème du déracinement social et à ses conséquences : lorsque l’individu s’individualise au-delà d’un certain point, s’il se sépare trop radicalement des autres êtres, hommes ou choses, il se retrouve isolé des mêmes sources par lesquelles il devrait naturellement se nourrir, sans qu’il lui reste rien à puiser. En créant un vide autour de lui, il a créé un vide en lui-même et n’a plus rien à quoi réfléchir, si ce n’est son propre malheur. Il n’a plus rien à méditer que le néant qui s’y trouve et la tristesse qui en est la conséquence.

Le vide existentiel et le sens de la vie

Il ne s’agit pas de ne chercher ni des coupables ni des sauveurs, mais plutôt d’adopter une attitude réfléchie et responsable qui vous permette d’enquêter intérieurement, de trouver un but et de sortir du vide existentiel. Car il est vrai qu’il n’y a pas de doute plus complexe pour vous que le sens de la vie. Il est juste de dire qu’il y a autant de façons de définir le sens de la vie qu’il y a de personnes. Et même chacun de vous peut changer de but dans la vie au cours de son existence. Ce qui compte, ce n’est pas le sens de la vie en général, mais le sens que vous lui donnez à un moment donné. De plus, il dit que vous ne devriez pas chercher à connaître le sens de la vie, mais plutôt comprendre que c’est pour vous-mêmes que vous êtes concernés. C’est-à-dire que vous pourriez répondre à la vie en répondant à notre propre vie. Cela signifie que la responsabilité est l’essence même de notre existence. Car si on a investi du temps, de l’énergie, des efforts et du cœur, la vie est parfois injuste. Et même si dans ces moments-là, c’est tout à fait compréhensible, vous avez deux options : accepter que vous ne pouvez pas changer ce qui s’est passé, qu’il n’y a rien à faire et qu’on n’est que les victimes des circonstances, ou bien, accepter qu’on ne peut pas réellement changer ce qui s’est passé, mais que vous pouvez au contraire changer votre attitude à l’égard de ce qui s’est passé.

Conclusion

On est responsables de nos actions, de nos émotions, de nos pensées et de nos décisions. Pour cette raison, on a la possibilité de décider pourquoi et devant qui ou quoi on se tient responsable. Le sens de la vie est en constante évolution. Chaque jour et à chaque instant, vous avez la possibilité de prendre les décisions qui détermineront si vous serez soumis aux circonstances ou si vous agirez avec dignité, en écoutant notre vrai moi avec responsabilité et sans les pièges du plaisir et de la satisfaction immédiate.